A nous voir côte à côte, l'air de rien, même main dans la main, personne n'imaginerait un instant que l'on puisse s'entendre. Et encore moins s'apprécier. Peut-être penseraient-ils tous que nos mains liées ne sont là que pour décorer. Oui, ça fait beau ; ça fait classe de se montrer avec quelqu'un. Ca nous rend plus fort, paraît-il. Mais moi, ce qui me rend fort aujourd'hui, c'est l'amour qui naît en moi. Pour toi. On a passé le stade des baisers, machinalement déposées sur nos joues, et qui sonnaient comme des claques de brise gelée que l'on se prendrait en pleine figure. A présent, entre des prises de têtes bien fâcheuses et dérisoires, ce sont les promesses qui priment. Et tous ces beaux mots, presque insignifiants pour moi, m'émoient. Pas qu'ils ne me touchent pas, bien au contraire. Un jour peut-être, je boirai tes paroles comme l'on boit de l'eau pure et douce, mais pour l'instant, je fais face à mes peurs. A mes envies, mais surtout à mes faiblesses, qui se traduisent par des doutes. Alors je fais semblant de croire. Uniquement semblant, à croire que je suis dans le faux. Sans cesse. J'ai l'impression que ton coeur joue et qu'il t'entraîne, malgré toi, dans la partie. Mais tant que Game Over n'apparaîtra pas et que tu continueras à me tendre ta main et à m'offrir ton coeur, alors tout ira bien. Et tes si belles paroles, pour le moment, je les garde en moi. Stockage en mémoire oblige. On prétend s'aimer, on pense que cela va durer. Je m'abandonne au futur; ce lointain qui nous donnera raison, je l'espère. Si ce n'est qu'après une "longue" période que je me suis décidé, c'est pour en arriver à la conclusion suivante; celle qui dit que je t'aime vraiment, et que je ne te laisserai pas au Temps.